Comprendre le rapport de la FAO sur la tenure foncière et la gouvernance : 7 enseignements et 3 actions
Le récent rapport de la FAO sur la situation de la tenure foncière et de la gouvernance confirme une réalité préoccupante : les inégalités foncières constituent un problème mondial majeur. Présenté lors de la deuxième Conférence internationale sur la réforme agricole et le développement rural (ICARRD+20), le rapport souligne que la redistribution des terres doit être au centre des efforts pour combattre la pauvreté, la faim et la dégradation écologique.
Les inégalités foncières ont des effets multiples et interconnectés : elles aggravent la pauvreté, menacent la sécurité alimentaire, affaiblissent la cohésion sociale, ralentissent la croissance économique, favorisent les conflits, fragilisent la démocratie et contribuent à la dégradation de l’environnement. L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, bien que relativement moins inégalitaires, subissent des pressions croissantes liées à l’urbanisation, à l’agriculture industrielle et aux industries extractives — un véritable « resserrement foncier » qui menace les moyens de subsistance des populations.
Le rapport met également en lumière des lacunes importantes : les droits fonciers des femmes restent insuffisamment protégés, la formalisation n’améliore pas toujours la sécurité de tenure, et les données nationales sont insuffisantes pour suivre les progrès. Entre 2019 et 2023, le pourcentage de personnes percevant leurs droits fonciers comme précaires est passé de 19 % à 23 %, illustrant l’urgence d’agir.
L’ICARRD+20 recommande trois actions prioritaires : reconnaître publiquement que l’inégalité foncière nuit aux droits humains, au développement, à la démocratie et à l’environnement ; placer la redistribution des terres au cœur des politiques de gouvernance et de transformation rurale ; et mettre en place des mécanismes de suivi, notamment via les coefficients de Gini foncier, pour mesurer les progrès et renforcer la sécurité foncière.
Le rapport de la FAO offre un miroir nécessaire au monde. Les gouvernements, la société civile et les institutions de recherche doivent maintenant transformer ces données en actions concrètes pour réduire les inégalités et sécuriser l’accès à la terre pour tous.