Terre et appartenance

La question de la terre ne peut jamais être dissociée de celle de l’appartenance. L’espace que nous occupons, les ressources dont nous avons besoin, le sol sur lequel nous vivons, tout cela ne peut pas être rendu illégal par l’échec systémique de la gouvernance. Pourtant, lorsqu’un système est stressé, lorsque des populations se disputent des ressources qui ne devraient jamais être rares, ce désespoir peut être manipulé. Cette manipulation met en péril l’Afrique du Sud en tant que pays ainsi que les migrants étrangers.

En réponse aux attaques récentes contre des ressortissants étrangers en Afrique du Sud, le NELGA affirme sans équivoque que toute personne a droit à la sécurité, à la dignité et au mouvement libre indépendant de son statut migratoire ou de sa situation administrative.

Les données montrent que les migrants soutiennent les économies locales, paient des impôts, créent des emplois et investissent dans les communautés où ils vivent. La pression exercée sur les ressources publiques de l’Afrique du Sud résulte de défaillances politiques et de gouvernance, et pourtant la colère des pauvres et des ouvriers est dirigée vers l’« autre » africain plutôt que vers les responsables. Il ne s’agit pas d’une réaction spontanée de personnes en situation de désespoir, mais bien d’une manipulation cynique orchestrée par des opportunistes populistes.

En tant que réseau spécialisé dans la gouvernance foncière à travers l’Afrique, nous savons que l’insécurité du régime foncier, la réforme agraire inachevée et l’absence de politiques spatiales inclusives sont des moteurs fondamentaux de la pauvreté. Cette précarité rend possible la stigmatisation. L’incapacité persistante de l’Afrique du Sud à s’attaquer aux injustices structurelles a créé un climat polarisé politiquement, dans lequel les migrants sont instrumentalisés pour détourner l’attention de la responsabilité de l’État.

Le NELGA appelle les gouvernements, les institutions et les décideurs politiques du continent à répondre à cette crise par des preuves, et pas avec des accusations. Il les invite à mobiliser les recherches menées au sein de notre réseau et des autres, afin de fournir les éléments nécessaires pour renforcer les relations entre les nations et les peuples africains, et pour assurer à chacun le droit d’appartenir.

PLAAS, l’Institute de Pauvreté, Terre et études agraire de l’Université du Cap-Occidental, au Cap, est un membre fondateur du réseau NELGA, et a publié la déclaration suivante concernant les attaques en cours contre des ressortissants étrangers en Afrique du Sud.

Lire la déclaration de PLAAS ici.

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